Psychopathologie de l’avortement spontané : analyse du vécu des femmes victimes
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L’avortement spontané est un évènement très difficile à vivre pour les femmes qui y sont confrontées. Ce présent travail est le fruit d’une étude qui a porté sur les répercussions psychologiques des avortements spontanés et les facteurs qui y sont associés. L’étude a été réalisée sur 71 cas d’Août à Novembre 2015 dans le service clinique universitaire de gynécologie obstétrique du CNHU-HKM de Cotonou. Elle vise d’une part à décrire les répercussions psychologiques de l’avortement spontané ainsi que les facteurs qui y sont associés, et d’autre part à estimer l’indice de relation entre ces différents facteurs et comportements observés. Pour mener à bien cette étude, l’analyse documentaire, les investigations en milieu réel et l’observation ont été utilisées comme technique de collecte de données et d’informations afférentes. Le logiciel SPSS statistic nous a permis de faire le dépouillement et l’analyse statistique des données. Les principaux résultats révèlent que les répercussions psychologiques des avortements spontanés sont de plusieurs ordre à savoir les symptômes anxio dépressifs (80,28%) ; le fait de s’interroger sur les causes possibles de l’avortement (21,13%); l’abandon à Dieu (30,98%) ; et la fuite de toute discussion à propos de l’avortement spontané (04,22%). Ces répercussions varient d’une femme à l’autre en fonction du vécu qu’elle a de son avortement spontané. Les composantes les plus retrouvées de ce vécu sont le sentiment de deuil (45,07%) ; le désespoir (30,98%) ; le sentiment d’échec (19,72%) ; le sentiment de vide (04,22%) ; le sentiment de culpabilité (12,68%). Les autres facteurs comme l’histoire de la grossesse, l’attachement à la grossesse, la réaction du conjoint et de l’entourage de la femme, le type d’interprétation que la femme donne à son avortement spontané et les antécédents gynécologiques et obstétricaux de la femme, peuvent accentuer ou réduire l’ampleur de ces répercussions. Au vue de tout ceci, nous pensons que l’avortement spontané est dans la majorité des cas, source de traumatisme psychologique pour ces femmes.
