Elevages des bovins face aux insuffisances alimentaires et à la sédentarisation des troupeaux au Nord-Bénin
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Au nord du Bénin, les élevages bovins font face à des raretés alimentaires et aux conflits dans la gestion
des ressources pastorales dont les terres. Ceci a conduit à l’adoption du nouveau code pastoral
réglementant cette activité et optant pour la sédentarisation des élevages. L’objectif de l’étude était
d’identifier les types d’élevage actuels dans les zones agropastorales du Nord-Bénin et leurs modes de
fonctionnement face aux insuffisances fourragères et à la nouvelle législation pastorale. Une collecte
de données qualitatives a été réalisée auprès de 280 élevages familiaux de bovins installés à Gogounou
(Zone cotonnière du Nord), Kalalé (Zone vivrière du Sud Borgou) et Tchaourou (Zone cotonnière du
Centre) dans trois localités appartenant à trois zones agroécologiques au Nord-Bénin. Les données
collectées étaient : les caractéristiques socio-économiques de l’éleveur, la conduite des troupeaux et
les stratégies de déplacement face à la l’insuffisance alimentaire. Une analyse factorielle des
correspondances (factominer dans R), suivie d’une classification ascendante hiérarchique, a permis de
faire une typologie des élevages. Les trois types d’élevages suivants ont été identifiés : (i) les élevages
sédentaires (ES : 41,78 %) constitué d’un petit cheptel (28,7 ± 17,40 têtes) étaient caractérisés par une
forte intégration agricole ; (ii) les élevages avec une mobilité territoriale (Es-MTer : 38,92 %)
caractérisés par un cheptel moyen (46,8 ± 31,19 têtes) et marqués par la transhumance vers les zones
forestières à forte potentialité pastorale ; (iii) les élevages avec une mobilité transfrontalière (Es-MTf :
19,28 %) disposant d’un grand cheptel (105,2 ± 84,18 têtes) qui étaient caractérisés par la mobilité
transfrontalière avec une division du troupeau pour valoriser les ressources des terroirs d’accueil. Il
existe donc une transition vers la sédentarisation des élevages étudiés. Face au programme de la
sédentarisation (ProSer) et la législation en vigueur, les systèmes d’élevages mobiles sont toujours
dominants en raison de l’insuffisance alimentaire dans les zones étudiées caractérisées par l’expansion
agricole. Dans ces conditions, de nouvelles approches de gestion et des stratégies d’adaptation des
éleveurs doivent être mises en pratiques. La production fourragère paraît comme la solution viable pour
renforcer l’alimentation du bétail à travers leur instauration dans les systèmes de cultures surtout qu’elle
contribue également au maintien et à la restauration des terres dégradées.
