CONFLIT, LIBERTE ET PROSPERITE A LA LUMIERE DE LA PHILOSOPHIE DE MACHIAVEL
Abstract
Le conflit, souvent considéré comme un handicap à la paix et à la
stabilité sociale, peut-il participer au développement de la liberté et par
conséquent à la prospérité d’un État républicain ? Pour répondre à cette
interrogation, nous avons choisi d’analyser la pensée de Machiavel, réduite à
la caricature de « la ruse et de la force », alors que celui-ci fait une approche
originale du conflit dans les Discours en montrant qu’il n’est pas seulement un
moment provisoire dans la vie républicaine, mais bien le facteur
incontournable de la liberté et de la prospérité. La raison justificative de ce
choix est double : procéder à une déconstruction de l’approche machiavélienne
de la vie républicaine, et montrer l’actualité de sa réflexion qui peut encore
inspirer les républiques qui peinent à se développer. Se fondant sur la méthode
qualitative, la première partie de cet article montre, de façon analytique et
critique, que le conflit est au coeur des républiques contemporaines par sa
récurrence, et par l’édification des lois qui ne s’appuient pas sur les normes.
La deuxième partie, portant sur la dynamique du conflit à la lumière de
Machiavel, montre que le conflit est le moteur de la liberté et un levier
indispensable à la prospérité, synonyme de développement.
