L'imposture de la notion de développement durable dans l'Afrique des origines
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L’Afrique a été assaillie par les sociétés politiques occidentales qui ont
imposé la perception de leurs élites comme la seule manière ‘’durable’’ d’envisager le
devenir des individus ou groupes communautaires ; et depuis, l’inflation d’énonciation
du phénomène de développement est sujette à des interrogations devant les maux
dérivés de ce concept fourre-tout. On parle de « sous-développement », ou de « mal
développement », ou de « pays pauvres très endettés » ou « autonomisation des
femmes » ; le dernier mal est « pays à risque de violence, de conflit, etc. » Lorsqu’on
part de la langue du fongbé au sud-Bénin, on découvre l’occurrence d’une rhétorique
autour d’une institution sociale appelée o’Fa qui recèle seize valeurs desquelles
l’existence humaine se définit par la qualité de l’être pouvant ‘’se développer’’ et une
typologie de cette qualité. L’objectif est d’attirer l’attention sur l’imposture du français
dans l’énonciation de la définition de la finalité existentielle, partagée pourtant dans
les langues africaines, avec beaucoup plus d’efficacité et d’économie de crises
sociales et de névroses collectives. L’approche méthodologique utilise la dialectique,
un matériel d’énoncés en langue fongbé et l’interdisciplinarité. La triangulation des
données permet d’aboutir aux résultats suivants : d’abord, le changement de
paradigme économise la confusion d’énonciation ; et ensuite, les expériences du fait
de développement sont multilingues.
