Mythologie de l’électricité dans la perspective de l’innovation en Afrique
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Cet article montre, à travers une lecture sémiotique, que si l’Afrique veut réellement innover en science et technologie ou dans n’importe quel domaine du savoir, elle devra d’abord innover en matière d’électricité pour s’assurer une autonomie énergétique. L’électricité est considérée ici comme un texte, c’est-à-dire comme un ensemble lisible. Sa lecture sémiotique ou mythologique révèle qu’elle est le seul symbole du progrès moderne et que le savoir moderne ne peut nullement exister sans elle. Une panne d’électricité totale (et non simplement générale), c’est-à-dire l’impossibilité d’utiliser l’électricité sous quelque forme que ce soit, réduirait tout le savoir accumulé par des millénaires de progrès à son aspect purement mécanique. L’effondrement de l’électricité, c’est l’effondrement de la modernité. Plus d’ordinateurs, plus de smartphones, plus de médias électroniques, bref, plus de technologies ! C’est le corps vidé de son esprit. Des innovations ou des idées innovantes ne peuvent vraiment pas sortir d’un campus en proie à des coupures intempestives d’électricité. Certes, l’importance de l’électricité dans le développement a été souvent soulignée, mais pas assez pour ce qu’elle représente. Cet esprit, permettant d’animer le corps de tous les savoirs modernes, est très présent en Afrique. Et le paradoxe est que cette Afrique ensoleillée ne semble pas savoir s’en servir. Cet esprit, c’est l’énergie solaire. Dieu a toujours été assimilé à la lumière et plusieurs peuples adoraient le soleil comme Dieu ou une manifestation de Dieu. Et lorsque les Africains, très croyants, vont par exemple à l’église chaque dimanche - en anglais Sunday, signifiant jour de soleil -, c’est d’abord au soleil que leurs prières s’adressent. La meilleure façon pour ce Dieu Soleil d’exaucer leurs prières, c’est de leur permettre de transformer son énergie.
