LES RESISTANCES DES ACTEURS LOCAUX FACE A L’ENREGISTREMENT DES DROITS FONCIERS DANS L’ARRONDISSEMENT D’ATCHANNOU AU BENIN
Abstract
Les questions foncières touchent différentes ressources telles que les plans
d’eau, les forêts, les terres, etc. La présente recherche s’intéresse à la gestion
foncière locale des terres, mieux, à l’"enregistrement des droits fonciers"
dans les espaces ruraux au Bénin, notamment dans l’Arrondissement
d’Atchannou, Commune d’Athiémé. Cet article, partant du postulat selon
lequel les acteurs locaux perçoivent l’enregistrement des droits fonciers
comme un instrument de désordre social, analyse les causes des résistances
qu’ils opposent à l’implémentation de cette politique foncière.
S’agissant de la démarche méthodologique adoptée, les techniques de
collecte de données mobilisées pour les investigations sont l’entretien semistructuré et l’observation directe, la recherche étant de nature qualitative. Au
moyen du choix raisonné et de la diversification des catégories sociales, 18
acteurs ont été échantillonnés. Les informations recueillies ont été analysées
avec les méthodes de triangulation et d’analyse de contenu. La théorie
utilisée est celle d’empilement de droits ou de faisceaux de droits élaborée
en anthropologie juridique.
De l’analyse des informations fournies par les différentes catégories sociales
interrogées, il ressort que l’enregistrement des droits fonciers vise la
sécurisation foncière en milieu rural, la sécurisation des investissements, la
gestion efficace des conflits, etc. Mais, les logiques paysannes (acteurs
locaux) ne s’arriment pas encore avec cette politique de gestion foncière
locale ; ce qui amène les populations rurales à s’y opposer.
