CARTOGRAPHIE DE LA DÉFORESTATION DANS LE DÉPARTEMENT DE L’ALIBORI (NORD DU BÉNIN) GRÂCE AUX IMAGES SATELLITAIRES SPOT
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Dans le département de l’Alibori, la production cotonnière, l’élevage bovin, essentiellement extensif et transhumant,
l’exploitation forestière, les influences climatiques sahéliennes et l’urbanisation sont autant de facteurs qui accélèrent la
déforestation. L’objectif de la présente recherche est d’évaluer le niveau de déforestation dans le département de l’Alibori à
partir de l’imagerie satellitaire. Les données planimétriques issues des images SPOT 5 et 7 de 2005 et de 2015, fournies par
le programme OSFACO, ont été interprétées et analysées par les auteurs. Le traitement numérique des images satellitaires a
été réalisé à l’aide du logiciel QGIS 2.18.2, et notamment grâce au module Train Random Forest Image Classifier contenu
dans la boîte à outils Orfeo. Le contrôle-terrain a été effectué à partir de 852 points GPS. La précision moyenne des cartes
d’occupation des terres est d’environ 96 %. Les résultats révèlent une régression des formations végétales naturelles au profit
des formations anthropiques. Les forêts galeries, les forêts denses sèches, les forêts claires et savanes boisées et les savanes
arborées et arbustives ont été converties en mosaïques de champs et de jachères ; et en habitat humain. Les terroirs villageois
sont plus touchés par la déforestation que les aires protégées qui occupent près de 45 % de la superficie du département. Le
taux de déforestation sur l’ensemble du département est de 1,83 %. Ce taux est de 3,10 % dans les terroirs villageois et de
0,70 % dans les aires protégées. Ainsi, 14,96 % de la superficie totale du département, dont 20,45 % des terroirs villageois et
seulement 7,40 % des aires protégées, sont touchés par la déforestation. Par ailleurs, 2,66 % du département est touché par
la dégradation des terres forestières ; 1,40 % de cette entité ont été reconstitués naturellement et seulement 0,35 % ont connu
une amélioration. La restauration de ces zones dégradées s’avère nécessaire dans le département de l’Alibori, qui constitue
le bassin cotonnier du Bénin.
