LA CONTRACTUALISATION DE L’INSTANCE CIVILE EN DROIT BENINOIS
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La contractualisation dans la justice ne résout pas que des
problèmes : elle en crée. Phénomène né du regain d’intérêt en
faveur des doctrines du droit naturel, la foi en la volonté
individuelle avait gagné des espaces longtemps réputés relever
de la puissance publique. Or, voici que la justice se laisse
conduire par les parties au procès civil, de sorte que l’instance
civile est censée devenir une activité convenue.
Mais, en dépit de la fascination qu’elle exerce et l’efficience
attendue de l’adhésion des parties, la contractualisation de
l’instance met en cause l’équilibre entre la satisfaction des
intérêts particuliers et la protection des droits fondamentaux
ainsi que la réalisation des objectifs majeurs de la justice. Dans
le modèle étatiste, qu’elle soit rendue par les émanations de
l’Etat ou un arbitre désigné par les parties, les fins de la justice
excèdent les perspectives individuelles et, par suite, ne sauraient
être réalisées par l’exclusive souveraineté partisane, dans la
conduite de l’instance.
Finalement, la disponibilité relative des droits substantiels
subjectifs ainsi que l’indisponibilité naturelle des droits
substantiels fondamentaux assurent au pouvoir judiciaire une
intangibilité dont les fissures limitées permettent de contenir la
poussée contractualiste dans le cadre de l’instance.
