Impact socio-économique et spatiale des attractions touristiques dans la commune de Ouidah : le cas de la route de l’esclave.
Abstract
Le tourisme est en pleine croissance dans plusieurs régions du monde et son étude est d’un intérêt théorique et pratique de plus en plus important. Ce secteur apparaît donc comme une grande activité économique à forte rentabilité. Cependant, l’Afrique, continent à fortes potentialités touristiques, demeure la moins visitée. Alors que le tourisme est un secteur sur lequel de nombreux pays comptent aujourd’hui pour apporter une croissance à leurs économies. Malgré les nombreuses potentialités dont dispose le Bénin, le tourisme y est une activité peu développée. La commune de Ouidah dispose de nombreux sites touristiques parmi lesquels figure la route de l’esclave. La présente recherche vise donc à analyser l’impact socio-économique et spatiale des attractions touristiques à travers la route de l’esclave dans la commune de Ouidah.
Ainsi, à travers une approche méthodologique axée sur la recherche documentaire, les enquêtes de terrain auprès de 89 acteurs, le traitement des données de façon manuelle et informatique, des données socio-économiques ont été collectées et les résultats analysés.
Les résultats montrent que la route de l’esclave présente des caractéristiques historiques importantes diversifiées. S’agissant de l’ancrage spatial de la route de l’esclave de Ouidah, elle reste la partie finale du parcours accompli par les esclaves à Ouidah. La route des esclaves commence à la place aux enchères et se termine à la porte du non-retour.
Pour ce qui concerne les effets socio-économiques de l’exploitation du circuit de la route de l’esclave, il convient de dire que le tourisme dans la commune de Ouidah constitue un phénomène qui a des répercussions sur l’environnement socio-économique au niveau des populations locales.
Sur le plan social, le secteur touristique offre de nombreuses possibilités d’emploi. En dehors des acteurs directs que sont les employés de l’Office de Tourisme, il permet aussi à la population de mener des activités économiques. C’est le cas des hôtels, des auberges, des restaurants, des artisans, des chauffeurs et conducteurs de taxi-moto qui offrent leurs différents services aux touristes ayant choisi de visiter la route des esclaves.
S’agissant des effets économiques de l’exploitation de la route de l’esclave, plusieurs avantages découlent du secteur touristique dans la commune de Ouidah. L’activité des hôteliers, des restaurateurs, des marchands d’arts, des guides de touristes et autres commerçants le long de la route de l’esclave et de ces environs leur permet de subvenir à leurs besoins et d’améliorer leurs conditions de vie.
Les activités autour de la route de l’esclave apportent aux différents acteurs des revenus substantiels. En effet, environ 71 % des acteurs du secteur touristique ont un revenu moyen mensuel compris entre 50.000 FCFA et 100.000FCFA ; soit une estimation annuelle de 600.000 FCFA à 1.200.000 FCFA. Ces revenus tirés des activités liées au tourisme en lien avec la route de l’esclave (hôtellerie, restauration, guidage, vente d’objets d’arts), permettent à ces acteurs de subvenir plus ou moins à leurs besoins d’alimentation, de soins de santé et de scolarisation des enfants. S’agissant de la contribution au budget et la fiscalité de la collectivité locale, le recouvrement de la Taxe sur le Développement Local (TDL) n’est pas encore effectif. Pour l’instant, ces différents acteurs ne payent rien à la mairie pour le compte de la commune si ce n’est les taxes indirectes perçues par le service des impôts annuellement lors des festivités du 10 janvier.
Enfin, le transport des touristes en voiture (28%), par minibus (19%) ou encore sur zémidjans (53%) constitue également un apport économique. Car, même si ce n’est pas sur de longues distances, cette activité permet à ceux qui l’exercent d’en vivre. Toutefois l’ignorance des textes par les populations et le manque d’organisation dans le secteur touristique entravent les activités et constituent un manque à gagner pour la commune.
