Caractérisation des groupements végétaux des forêts sacrées du Centre et du Sud du Bénin
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Plusieurs pressions s’exercent de plus en plus sur les forêts sacrées sous l’impulsion des mutations socioculturelles
notamment l’expansion des religions monothéistes et la croissance démographique conduisant
ainsi à de profondes modifications des formations végétales de celles-ci. C’est dans ce contexte que les
groupements végétaux des forêts sacrées des régions méridionale et centrale du Bénin ont été étudiés. Le
but de cette étude est de caractériser les groupements végétaux typiques des forêts sacrées.
Cinquante-neuf relevés phytosociologiques ont été effectués suivant la méthode sigmatiste de Braun-
Blanquet dans 35 forêts sacrées situées dans le sud et le centre du Bénin. Le logiciel CAP a servi à la
classification hiérarchique des relevés et au calcul de l’indice de Jaccard. Le logiciel PC ORD 5.0 a servi à
l’identification des espèces caractéristiques. Quatre groupements végétaux et deux faciès ont été obtenus à
partir d’un cortège floristique de 203 espèces, dont 150 espèces ligneuses et 53 espèces herbacées
réparties en 167 genres et 63 familles. Les familles les plus représentées sont les Leguminosae-Caes.
(6,4 %), Leguminosae-Pap. (6,4 %), Poaceae (6,4 %), Leguminosae-Mim. (5,9 %), Euphorbiaceae (5,9 %)
Rubiaceae (5,4 %). La plupart des groupements végétaux affichent une diversité spécifique moyenne avec
un indice de diversité de Shannon qui tourne entre 2 et 3 bits. La densité des ligneux varie globalement de
100 à 300 tiges/ha. Les types biologiques sont marqués par l’abondance et la dominance des phanérophytes
avec toutefois une présence non négligeable des thérophytes, des hémicryptophytes et des chaméphytes
qui constituent des indicateurs de changements biologiques s’opérant au sein des forêts sacrées. Sur le plan
chorologique, la flore des groupements végétaux des forêts sacrées est dominée par des espèces guinéocongolaises
et l’apparition des espèces à large distribution géographique confirmant les changements qui
s’observent dans les forêts sacrées notamment la dégradation et la conversion des formations végétales.
