Incidence de Staphylococcus aureus résistant à la méticilline dans le service de néonatologie du centre hospitalier départemental du Zou et des Collines au Bénin
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Objectifs. – Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) est un des principaux agents pathogènes humains impliqués dans les
infections nosocomiales et il démontre une grande propension de dissémination intrahospitalière. Les 2 objectifs de cette étude étaient d’établir
la proportion de SARM parmi les souches de S. aureus isolées des prélèvements à visée diagnostique et celles de prélèvements réalisés sur
l’environnement des patients.
Patients et méthodes. – Au cours d’une étude prospective réalisée sur 3 mois dans le secteur de néonatologie du centre hospitalier départemental
du Zou et Collines au Bénin, nous avons identifié les nouveau-nés hospitalisés porteurs de SARM et les facteurs associés à ce portage.
Simultanément, des écouvillonnages de l’environnement ont été effectués. Deux cent quatre-vingt-dix patients ont été admis dans les 3 divisions de néonatologie (réanimation, prématurité, et division calme). Cent quatre-vingt-quinze ont eu un prélèvement à visée diagnostique après 48 heures d’hospitalisation, et 112 ont été dépistés à l’admission par écouvillonnage des narines. La leucocidine de Panton et Valentine a été recherchée
sur toutes les souches de SARM.
Résultats. – Cent quarante et une souches de S. aureus ont été isolées chez les patients. Trente-trois étaient issues des prélèvements à visée
diagnostique dont 12 SARM (36 %). Cinquante et une souches de S. aureus dont 20 SARM ont été isolées de 90 prélèvements de
l’environnement. Les facteurs pouvant faciliter l’acquisition des souches de S. aureus étaient le faible poids à la naissance, l’infection maternelle,
la prématurité, la présence de cathéter veineux et une hospitalisation prolongée. Aucune des souches de SARM isolées ne produisait la leucocidine
de Panton et Valentine. La proportion de SARM parmi les isolats de S. aureus issus des prélèvements à visée diagnostique était élevée et
traduisait l’insuffisance des mesures de prévention.
Conclusion. – L’environnement constitue un réservoir important de contaminations dans notre contexte. Une meilleure observance de
l’hygiène des mains, de la stérilisation et de la désinfection correcte du matériel sont les pistes principales pour une réduction significative des
infections nosocomiales.
