« Symbolique et structure de l’initiation dans la trilogie de Ken Bugul : Le baobab fou, Cendres et braises, Riwan ou le chemin de sable »
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On sait que Le baobab fou marque, pour Ken Bugul, le point de départ de sa carrière de romancière. Or, ce début qui aura une suite dans les deux romans suivants, Cendres et braises et Riwan ou le chemin de sable, est caractérisé par le prototype de l’adolescente en quête de repères ; à la recherche d’un absolu qu’elle espère trouver sur une « terre promise » loin des siens. Mais l’échec de ses expériences migratoires l’oblige à retourner vers son monde et vers elle-même. C’est là que, d’abord prisonnière de ses conflits intérieurs, la femme moderne et intellectuelle qu’elle est devenue se livre enfin à la réalité d’une vie qu’aucune érudition, aucune civilisation ne lui auraient permis de connaître : nouvelle vie, ou plutôt nouvelle naissance qui n’a lieu que par l’intermédiaire d’un marabout, dépositaire du sacré, initiateur dépourvu de la science moderne. S’il est possible de tirer de cette aventure un scénario initiatique nettement dessiné, ce n’est pas simplement pour relever les transformations auxquelles l’héroïne a été sujette ; transformations, du reste, évidentes, qui font de la protagoniste du Baobab fou, la femme accomplie de Riwan ou le chemin de sable. Mais il nous faut regarder de près, si l’œuvre de Ken Bugul comporte une analogie structurale et symbolique suffisamment reconnaissable et précise pour être dite initiatique. Une lecture bachelardienne des textes peut permettre d’y parvenir à travers le recours à des réseaux d’images ou de symboles susceptibles de régir l’expérience initiatique.
