Stratégies d’adaptation des élevages bovins sédentaires face à la territorialisation des parcours et aux insuffisances alimentaires au Nord Bénin
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Face à l’expansion des terres agricoles, aux insuffisances alimentaires et au
programme de sédentarisation des élevages, les systèmes d’élevage bovins au
Nord Bénin doivent désormais s’adapter à la variabilité spatiale et temporelle
des ressources afin d’assurer la sécurité alimentaire de leur cheptel et la diversification des revenus. La présente étude vise à analyser les stratégies d’adaptation
des élevages bovins dans le contexte actuel de sédentarisation et d’insuffisances
alimentaires. Ainsi, 280 élevages bovins sédentaires appartenant à trois zones
agroécologiques : Gogounou (Zone Cotonnière Nord), Kalale (Zone Vivrière du
Sud Borgou) et Tchaourou (Zone Cotonnière Centre) ont fait l’objet d’étude. Les
données collectées concernent les facteurs de choix des zones de pâture, les
zones de pâturage des animaux et les stratégies d’adaptation aux insuffisances
alimentaires. Une analyse factorielle des correspondances multiples (AFCM), suivie
d’une classification hiérarchique ascendante, a permis de faire une typologie des
stratégies. Trois stratégies d’adaptation ont été identifiées : (i) élevage avec une
stratégie d’adaptation basée sur l’agropastoralisme (EAP : 42,5 %) ; (ii) élevage
avec une stratégie d’adaptation mixte basée sur la mobilité courte et longue distance avec division du troupeau (EMim : 21,1 %) et (iii) élevage avec une stratégie
d’adaptation basée sur la mobilité en zones protégées (EMAP : 36,4 %). La diversité
des zones de pâturage, la localisation des éleveurs, le cheptel bovin, l’expansion
des zones agricoles, les itinéraires de transhumance et les types d’élevage sont les
principaux déterminants des différents groupes de stratégies d’adaptation étudiées
(p < 0,05). La culture fourragère constitue la stratégie la plus viable et prometteuse
pour assurer l’autonomie alimentaire. L’appropriation aux éleveurs de terres sur
lesquelles ils pourront obtenir un droit de propriété serait un grand atout pour
promouvoir cette stratégie.
