Similitudes et différences de deux instruments de musique à calebasse d’Afrique : le balafon et le sinhoun.
Abstract
Au sein de la grande variété des instruments de musique d’Afrique, il en existe qui présentent des spécificités
notoires, aussi bien par leur composition que par leurs fonctions. C’est le cas du balafon, un instrument
mythique des peuples manding que l’on retrouve dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Il est fait de
structure en bois et de calebasses en forme de petites gourdes et se joue avec deux baguettes. C’est aussi le
cas du sinhoun (littéralement : tambour d’eau), un instrument typique du Bénin. Il était sacré et se jouait à
l’occasion des décès, avant de devenir populaire de nos jours. Le sinhoun est fait d’un ou de deux récipients
contenant de l’eau, à la surface de laquelle sont renversées deux demi-calebasses. Deux baguettes en
bois servent à frapper les calebasses pour obtenir les sons. Le balafon et le sinhoun ont en commun les
calebasses, mais ils se différencient sur plusieurs plans : la fonction, la rythmique, l’expansion géographique
et l’évolution historique. La présente étude met en exergue les différences et similitudes entre les deux
instruments à calebasse, dont l’invention est consécutive à la découverte par les peuples africains de la
grande capacité de résonnance de ce fruit aux usages très variés. Nous mettrons aussi un accent particulier
sur les caractéristiques des communautés qui les produisent et les utilisent.
